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Un ensemble de textes documentaires comme support d'étude sur les questions du racisme...

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Nécessaire au débat et à la lutte contre le racisme pour les uns, la notion de « personne racisée » apparaît à d’autres comme la « pire insulte qui soit » ou comme un « des mots les plus épouvantables du vocabulaire politique ». Qu’est-ce donc qu’une personne racisée et pourquoi cette notion fait-elle tant polémique ? Il existe aujourd’hui une diversité de définitions et cela occasionne malentendus et confusions dans le débat public. Au moins trois définitions coexistent et une personne racisée renvoie respectivement à : Une personne non-blanche. Une personne victime de racisme. Une personne qu’on qualifie en anglais académique de « racialisée » (« racialised ») et il faut a minima entendre par là que certains considèrent cette personne, fût-ce à tort, comme étant membre d’une race biologique.

La ministre déléguée auprès de la première ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, Isabelle Rome déclarait le 30 janvier dernier lors de la présentation du Plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine 2023-2026 :

« Les racistes, les antisémites, les antitsiganes, ceux qui distinguent les êtres selon ou en raison d’une couleur de peau, d’une religion, ou d’une nationalité, sont nos ennemis les plus redoutables. Ils sont les ennemis de la République. ».

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Ce discours s’inscrit en effet dans un climat national tendu en France concernant ces discriminations. Sur la base d’enquêtes qualitatives et quantitatives dans différentes villes de France, il nous a été possible de cumuler des données à partir d’un questionnaire diffusé entre 2015 et 2020, et portant sur le vécu des discriminations dans la ville. Si le sexisme ou les LGBTphobies ressortent dans toutes nos enquêtes territoriales, la question du racisme est celle qui augmente le plus régulièrement dans nos mesures.

Le nombre de Français qui se considèrent comme racistes baisse depuis vingt ans. C’est ce que révèle le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) publié en 2022. 15 % des Français interrogés se considèrent comme « plutôt racistes » ou « un peu racistes ». En 2000, ils étaient 43 %. Pourtant, la xénophobie existe toujours. Les Roms constituent la minorité la moins acceptée, avec un indice de tolérance de 52 en 2022. En comparaison, cet indice s’établit à 80 pour les Noirs. Les musulmans sont aussi perçus relativement négativement, en raison de leur religion. L’islam est considéré par 38 % des Français comme une menace pour l’identité et 29 % d’entre eux ont le sentiment que les musulmans constituent un groupe à part dans la société française. D’autres préjugés, touchant d’autres communautés, restent vivaces. Par exemple, 37 % des Français considèrent que les juifs ont un rapport particulier à l’argent. « La tolérance n’a jamais été aussi élevée en France, mais cette tolérance est hiérarchisée », résume Magalie Lafourcade, secrétaire générale de la CNCDH. Les Italiens ne font pas partie des populations les plus stigmatisées. Pourtant, ils étaient par le passé visés par de nombreux préjugés...

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La France vient de lancer son nouveau plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine. Ce plan intervient un an après la diffusion du documentaire Noirs en France et environ un mois après la sortie du film Tirailleurs et d’un ouvrage sur L’histoire globale de la France coloniale mettant le pays des Lumières face à des moments sombres de son passé et de son identité de peuple. Alors qu’une récente étude montre que 91 % des personnes noires en France métropolitaine se disent victimes de discriminations, l’attention est ici portée sur la manière de se nommer, de désigner l’autre et sur un point aveugle de cette lutte qui nécessite, pour être efficace dans la durée, d’interroger différents héritages identitaires des siècles passés et de s’inspirer de ce qui se passe en dehors de l’Hexagone.

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