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Gérer la prise de parole :

 veiller à donner la parole à tous les élèves, y compris ceux qui sont en difficulté ou ne veulent pas participer ;

 surveillez les élèves qui voudraient intervenir, n’ont pas eu la parole, et qui, si vous ne les prenez pas en compte, vont se refermer sur eux-mêmes.

Ne les laissez pas les élèves prendre la parole sans les y avoir invités.

Écoutez-les attentivement lorsqu’ils ont la parole, explicitez et corrigez leurs erreurs, ayez le souci d’utiliser les réponses des élèves ou leurs interventions, même erronées ou hors sujet (la participation des élèves, si elle est trop étroitement guidée, peut faire illusion quant à leur activité réelle). Lorsqu’un élève s’exprime, distinguez bien le fond – le contenu du message qu’il veut faire passer – et la forme – qualité de l’expression française ou de l’élocution. Ne vous précipitez jamais sur une petite erreur d’expression : commencez par valoriser le contenu (s’il le mérite), puis amenez à reformuler, éventuellement en sollicitant un autre élève.

 

Suivez et contrôlez les activités (ex : prise de notes, tenue du classeur ou du cahier) du début à la fin de l’heure. Utilisez des sollicitations claires et variées pour guider les élèves dans le travail que vous leur demandez. Valorisez le travail des élèves (la "pédagogie de la réussite" postule qu’un élève souvent valorisé montre une plus grande motivation qu’un élève auquel on fait sans cesse des reproches !).

 

Donnez des consignes de travail précises, à la fin de chaque cours. Indiquez clairement ce que vous attendez. N’hésitez pas à les accompagner de conseils pratiques de réalisation. Demandez un travail réalisable (difficulté, quantité). Faites leur remplir leur cahier de textes personnel sous votre contrôle.

 

Etre crédible face aux élèves

 

L’attitude générale du professeur a beaucoup d’importance, avant le contenu des cours. Adoptez une tenue et langage corrects. Mettre beaucoup de rigueur dans l’organisation du travail. Veiller au rythme du travail et des devoirs (rendus le lendemain, ils montrent le sérieux et l’application du professeur). Etre exigeant avec ses élèves : ne pas baisser le niveau de langue et les attentes. Les élèves attendent la qualité de l’enseignant et de l’enseignement. Les élèves sont des personnes à part entière, respectables.

 

Le rapport professeur-élève

 

Prenez le temps de connaître et reconnaître les élèves. Apprenez le trombinoscope. Dans le fiches de renseignements, posez des questions sur leurs goûts musicaux et hobies, lisez les avec attention et reparlez-en avec les élèves. Ils auront plus envie de travailler et de progresser si l’enseignant s’intéresse à eux. Si un élève a été absent, prenez de ces nouvelles : "tu nous as manqué la semaine dernière..."

 

Préserver la distance professeur – élève : en classe il n’y a pas d’égalité entre enseignant et élève (contrairement à la rue ou la justice). Elle apparaît dans la tenue, dans la posture...

 

Faire la part de l’acceptable et de l’inacceptable : "tu entres dans le domaine privé".

 

Réplique féconde pour remettre un élève à sa place quand il dit "pourquoi je ferais cela ?" : "parce que je suis professeur et que tu es élève".

 

Construire votre séance

 

La préparation d’un cours est primordiale pour bien tenir une classe. Instaurer une régularité et des routines de travail : le silence, puis les acquis, puis des activités. Tout ce qui structure un cours est bienvenu : activités standards à des moments précis. Cela aide les élèves à sentir qu’ils sont engagés dans un processus. Démarrer rapidement et enchaîner les séquences sans temps mort évite les moments de flottement et donc de chahut.

 

Les élèves sont reconnaissants si le professeur ne leur fait pas perdre de temps et leur fait comprendre qu’il sait où il va. Adapter le cours au niveau des élèves pour que ce ne soit pas trop facile ou trop difficile. Adapter la manière de donner les consignes : orales, écrites, démonstration...

 

Donner du sens aux apprentissages et montrer concrètement ce qu’ils pourront en retirer. Donner des méthodes de travail qui pourront être réinvesties dans d’autres matières. Apprendre son cours n’est pas une activité évidente pour certains élèves : [il faut lui indiquer comment faire et quelles sont les priorités].

 

Points clefs :

 instaurer une régularité de fonctionnement ;

 adapter le contenu et les consignes aux particularités des élèves ;

 replacer les apprentissages dans la "réalité" des élèves ;

 expliciter les méthodes de travail.

....

 

Faire participer les élèves

 

Impliquer les élèves dans les contenus, mais aussi dans la structure même du cours. Solliciter leur participation.

 

Le cours est orienté, les bilans sont formulés avec participation des élèves.

 

Utiliser un document "cheval de Troie", à partir duquel les élèves sont habitués à poser des questions.

 

Ne pas se laisser déborder par la prise de parole spontanée des élèves. Faire lever la main. Ne pas seulement le demander. Si un élève crie la réponse : lever la main en écran et donner la parole à un autre élève qui donne la même réponse. Valoriser le second et ignorer le premier. Considérer chaque intervention d’élève. Prendre en compte tout appel. Répondre à tous les élèves. Reprendre une question pour tous, et ne pas répondre en se tournant uniquement vers l’élève qui l’a posée. Accepter de ne pas répondre immédiatement à une question intéressante, mais qui ferait dévier de l’objectif. Les élèves apprécient de savoir qu’on va vers quelque part.

 

Occuper les élèves qui n’ont rien à faire, par exemple pour l’aide d’autres élèves (assistants) ou pour faire des exercices supplémentaires. L’aide réciproque permet de responsabiliser les élèves et de souder la classe.

 

Créer une ambiance de travail conviviale, y compris en ponctuant le cours d’anecdotes et de clins d’œil [brefs !].

 

 

 

Points clefs :

 

 préparation du cours en adéquation avec le niveau des élèves ;

 susciter et entretenir l’intérêt des élèves ;

 chacun doit garder sa place.

 

Exemples de rituels :

 

 salutation collective et échanges animés par le professeur ou par un élève ;

 présentation systématique et début de séance par un élève, ou par le professeur, de la corbeille pour qu’on jette son chewing-gum ;

 temps de respiration silencieuse, en se remémorant la séance précédente, avant de débuter le cours ;

 découpage et collage d’un document distribué, éventuellement avec circulation du professeur pour fournir la colle à tous les élèves ;

 lecture silencieuses des bilans de la séance précédente pendant que le professeur fait l’appel ;

 organisation standardisée du cahier-classeur (agencement, couleurs conventionnelles), en référence à

 

l’organisation du tableau ;

 temps de formulation "dans sa tête" d’une réponse complète à une question posée par le professeur, avant de lever le doigt ;

 temps de formulation finale de "ce qu’on a appris pendant la séance" ;

 

PREVENIR ET GERER LES PERTURBATIONS

 

Quel que soit le soin que vous mettrez à préparer votre séance et à anticiper sur les difficultés prévisibles, vous rencontrerez des situations conflictuelles. Souvenez-vous que les vrais problèmes sont rarissimes si un certain nombre de précautions ont été prises. Ils sont souvent résolus facilement par un travail d’équipe. Après avoir appliqué une punition ou une sanction, ne soyez pas rancunier avec un élève qui aura perturbé une séance. La faute ayant été payée, "l’ardoise est effacée". De son côté, l’élève n’aura aucune difficulté à ne pas vous en vouloir (sauf si il est persuadé que vous avez été injuste !).

 

En collège ne sanctionnez pas à nouveau l’élève dans sa note de vie scolaire, cela constituerait une « double peine ».

 

Evitez ou écourtez tout affrontement personnel avec un élève. La mobilisation de votre attention sur ce cas particulier déstabilise l’ensemble de la classe. Gardez obligatoirement l’élève avec vous en fin de séance. S’il refuse, faites le convoquer par le chef d’établissement, et soyez présent à l’entretien.

 

Garder à l’esprit que certains comportements ont leur origine dans des situations personnelles particulières et que l’agressivité éventuelle n’est pas dirigée contre le professeur en tant qu’individu mais en tant que représentant d’une institution. Le professeur principal, le CPE ou l’infirmière pourront vous aider à mieux cerner les difficultés personnelles d’un élève.

En cas de difficulté de quelque ordre que ce soit, en discuter rapidement avec le tuteur, les collègues, le conseiller principal d’éducation, les personnels de direction, sans crainte d’être jugé : chacun a rencontré, à un moment ou à un autre, un problème relationnel avec une classe ou un élève. La réunion de l’équipe éducative (autres professeurs de la classe, CPE, chef d’établissement) avec l’élève et ses parents, est souvent le meilleur moyen de régler un problème de personne et de montrer que vous êtes soutenu(e) par la communauté scolaire.

Pour vous-même et pour les élèves difficiles, identifiez la limite de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas. Si vous réalisez que vous vous êtes laissé emporter face à un élève ou une classe, vous pouvez aussi le leur dire...

Pour se faire respecter, se faire obéir, il faut aussi ordonner à un élève ce qu’il est en mesure d’accepter. Les ordres et les punitions doivent donc être équitables (traitement identique pour des élèves différents ou à des moments différents) et proportionnés au comportement (graduation). Faire perdre la face en classe à un élève, c’est l’humilier ce qui est inacceptable.

Différencier en restant équitable. Les élèves les plus en rupture ne peuvent pas accepter du jour au lendemain d’adopter la totalité des comportements attendu à l’école. Sans en faire des privilégiés, il est possible de dresser avec eux un contrat de progrès, selon des étapes qui leur sont accessibles. Les autres élèves peuvent comprendre que, dans l’intérêt du travail de tous, certains puissent déroger, dans des limites acceptables, aux règles communes. Par exemple, un élève qui n’a jamais son matériel peut disposer d’un stylo, ou d’un manuel, fourni par le professeur...

 

Boîte à outils :

• "Encadré" : il s’agit d’un cadre dessiné sur le tableau où sont inscrits les noms des élèves les plus turbulents. Si le comportement de l’élève s’améliore durant le cours, le nom disparaît, sinon l’élève reçoit une punition.

• Note de vie scolaire (collège) : elle est attribuée selon des critères définis par l’établissement, incluant le travail, la participation, l’assiduité...

• Répliques fécondes : "je sais que vous avez été bien éduqués", "nous allons y arriver", "c’est difficile, mais on doit pouvoir progresser", "le bruit nous empêche de travailler correctement"...

• Répliques "cul de sac" : "il y a trop de bruit", "je ne sais pas comment vous avez été éduqués", "j’ai mon salaire à la fin du mois", "personne ne peut rien contre moi"...

 

Prévenir les perturbations

 

Gérer au mieux un conflit ou un bavardage demande beaucoup d’énergie.

Les déplacements (moments de jonction) sont des moments clefs : être attentif, préparer ces moments, aller voir dans la salle si tout est prêt.

L’organisation du tableau [est un facteur de stabilisation de la vie de classe] :

 titres et schémas à gauche mots difficiles à droite ou fonctionnement en deux colonnes pour que les écrits restent visibles suffisamment longtemps

Anticiper sur les moqueries : on a le droit de se tromper, on ne doit pas rire d’un camarade.

Déplacez-vous lentement dans la salle. La seule présence auprès d’un élève le fait souvent taire.

Toujours garder la majorité de la classe en face de soi.

Il n’est pas toujours nécessaire de parler : fixer un élève, lui faire un signe, le nommer, ou même poser la main sur la table sans rien dire (plus facile si les élèves bavards sont devant) suffisent souvent pour ramener le calme [même si c’est fait avec le sourire !].

Eviter de répéter à plusieurs reprises des réprimandes. Les élèves comprennent les choses sans qu’on les formule complètement. Etablir vos règles et les présenter aux élèves en les expliquant. Elles seront moins contestées si vous les exposez clairement. Les faire écrire aux élèves, en les associant à leur établissement.

Prévoir une échelle de sanctions en tenant compte de ce qui se fait dans l’établissement. Economiser les sanctions. "Encadré de la mort qui tue" : nom de l’élève qui a bavardé écrit au tableau, puis effacé si le calme revient.

Ne pas exclure trop facilement les élèves. Ne pas exclure un élève qui n’a pas son matériel car il ne perturbe pas le cours. Prévoir des sanctions proportionnées.

Utiliser une note de sérieux pouvant augmenter la moyenne de deux points [cet aspect est à discuter].

L’exclusion n’est à envisager que quand on a tout tenté pour empêcher un élève de perturber un cours (dons après l’avoir rappelé à l’ordre, puis déplacé, puis puni...).

 

Gérer les perturbations

 

Ne pas perdre le contrôle de soi si un conflit s’amorce. Lorsqu’un élève est insolent, on risque de se laisser aller à augmenter le ton et la situation peut s’envenimer.

Rester calme, verbaliser la gravité du fait et prévenir qu’il y aura sanction, puis repasser au cours en ralentissant le débit. L’élève aura tendance à se mettre en rupture (se coucher sur sa table), mais il cessera de vous agresser.

En cas d’insolence, faire comprendre à un élève que ce qu’il dit aura des conséquences. Noter sur la fiche "discipline" (ou "incident") de l’établissement les propos de l’élève (qui comprend alors que ce qu’il dit peut se retourner contre lui). Etre précis sur les faits (et non sur votre interprétation des faits).

Garder à l’esprit son rôle d’éducateur. Une sanction s’intègre dans un échange. Il faut expliquer le sens de la sanction.

La fois suivante, ne pas être rancunier, surprendre l’élève par un ton différent.

 

S’appuyer sur l’équipe pédagogique

 

Etablir des règles en commun avec le tuteur, le CPE et le chef d’établissement. Définir une échelle de sanctions.

La graduation de la sanction n’est pas le fruit d’un professeur isolé. Les professeurs respectent tous l’échelle de sanction (oubli de la tenue en EPS : une "chance", puis une heure de colle).

Si les professeurs n’ont pas un discours cohérent, les élèves sont perturbés ou en jouent.

Les collègues peuvent réconforter, soutenir et conseiller. Ne pas hésiter à se confier en cas de difficultés. Les instants de souffrance peuvent être limités en se confiant auprès des collègues : communication, prise d’informations. [à condition de passer rapidement des plaintes à la recherche de solutions].

Faire appel à l’administration, au CPE. Ce n’est pas une honte. Le métier est difficile. Ne pas s’isoler. Ne pas avoir peur du regard de l’autre. Relativiser ce qui apparaît comme un échec.

Le professeur est seul dans sa classe, mais il n’est pas isolé.

 

Points clefs :

 prévenir les perturbations ;

 avoir prévu une échelle de sanctions adaptées, en accord avec l’équipe pédagogique ;

 garder votre place de professeur en restant calme et en ayant en tête le rôle éducatif que doit avoir une sanction ;

 rester en contact avec les parents ;

 confier ses difficultés aux collègues.

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ENTRER DANS LE METIER avec une PREMIERE SEANCE

 

Exigences vis-à-vis des élèves :

 

Indiquez avec soin le matériel nécessaire pendant les cours et les travaux pratiques : références du manuel choisi par l’équipe disciplinaire, cahier ou classeur, outils de dessin, de découpage et collage des documents...

Respectez la liste de matériel diffusée aux familles en prévision de la rentrée.

Présentez les modalités de travail personnel : leçons à apprendre systématiquement à la maison, exercices à rédiger, comptes rendus de travaux pratiques...

Pensez à contrôler systématiquement le travail personnel de l’élève.

Décrivez les divers aspects de l’évaluation : nombre de devoirs, notes d’exercices, de dessins, de travaux pratiques, importance relative des diverses évaluation pour le calcul de la moyenne...

Pensez ultérieurement à planifier les devoirs surveillés, en coordination avec les autres enseignants de la classe (faire éventuellement établir un calendrier dans le cahier de textes de la classe).

 

Présentation des contenus :

 

Présenter les thèmes qui seront étudiés dans l’année en montrant leur liaison avec les implications courantes de tel ou tel aspect que votre enseignement aidera à comprendre.

Faire ressortir la diversité des méthodes utilisées, allant de l’activité intellectuelle (mémorisation, réflexion) à l’activité manuelle (TICE, travaux pratiques...), expression écrite (rédaction, dessin), expression orale...

Montrer (sans rien promettre) que chacun aura la possibilité de montrer son savoir-faire dans tel ou tel domaine, et donc d’être valorisé.

Etre convaincu, et convaincre, de l’intérêt de l’enseignement que l’on dispense....

Sources : DVD de l'Académie de Créteil "Tenue de classe"

Site SVT de l’académie de Grenoble

"Au secours, sauvons notre école", Sébastien Clerc

Guide des enseignants contractuels et vacataires – Académie de Nantes.

Source web :

https://www.itereva.org/non_tit/Tenue_de_classe.pdf

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